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mardi 11 juillet 2017

La Saint-Vé 1930 : des chars et un premier Grand Cordon pour Manneken Pis

On ne désespère pas de retrouver des photos de la Saint-Verhaegen 1930. Décrite avec une plume enjouée dans le Bruxelles Universitaire de décembre 1930, l'ambiance des festivités semble y avoir été excellente : on distilla (comprenez "on emprunta") des ampoules dans les trams après y avoir chanté quelques titres du répertoire estudiantin et on distilla des Anciens (lisez "on se fit offrir à boire").

Mais ce sont surtout les cérémonies et le Cortège qui retiennent notre attention : Manneken Pis, le plus vieux Poil, y fut en effet décoré du Grand Cordon des Chevaliers de l'Ordre Mercurique (voir ci-dessous), le char de Médecine mettait en scène la constipation à travers les âges, tandis que celui de Solvay présentait les rois fainéants et celui de Polytech un Diogène dans son tonneau. Le tout précédé de cavaliers et d'une fanfare.








Grand Cordon

Le Grand Cordon, symbole des "Chevaliers de l'Ordre Mercurique", tel qu'il fut remis en 1930, est composé d'un ruban blanc porté en sautoir, croisé sur le torse. Un ruban orange est cousu par-dessus. Enfin, sur la partie inférieure du sautoir, trois étoiles à six branches - placées en triangle sur pointe - encadrent le blason (émaillé) qu'on retrouve sur les pennes du Cercle Solvay.

Cette décoration est, à notre connaissance, le premier "vlek" à avoir été décerné officiellement par un cercle estudiantin de l'ULB.

Ce document provient du Service Archives,
Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt

1050 Bruxelles

Photo transmise par le Camarade Pierre Jossart.



Et le voici ensuite tel qu'il était encore conservé par la Ville de Bruxelles... jusqu'à son vol...

 
Photographie de la Garde-Robe de Manneken Pis.

Voici très vraisemblablement un exemplaire de la médaille, placée entre trois étoiles, accrochée au ruban remis à Manneken Pis.

Cette médaille a sans doute été frappée après la codification de la penne en 1926. Cette année-là, l'Association générale des étudiants décide en effet de fixer la couleur des rubans facultaires et le dessin des blasons. Ces blasons sont alors cousus ou épinglés à la penne.

Dans le cas qui nous occupe, nous ne connaissons qu'un seul exemplaire de la médaille facultaire de Solvay, que nous présentons ci-dessous. Il existe néanmoins une médaille similaire frappée pour le Cercle de Philosophie et Lettres, avec un soleil. Les branches de ces médailles étaient trop épaisses pour que ces dernières soient épinglées au revers d'un veston. Il s'agit donc sans doute des médailles accrochées (déinfitivement) aux pennes.

Collection En Bordeaux et Bleu.

Si quelqu'un a plus d'information sur cette décoration, qu'il n'hésite pas à se manifester...

vendredi 1 novembre 2013

Le baptême du Cercle de Sciences en 1928

En novembre 1928, Bruxelles Universitaire décrit le baptême du Cercles des Sciences, qui se déroula à la Maison des Poils - située alors dans le jardin du Palais d'Egmont - en présence de la Fanfare.

Le chroniqueur reste relativement évasif sur les épreuves imposées au Bleu. Et ce n'est pas un hasard : "N'oublions pas que "B.U." est lu dans les meilleures familles", rappelle avec ironie un article de mai 1928.

La soirée baptismale se termine - comme souvent - chez Gaspar, au Diable-au-Corps. Et, pour certains, au bordel.

L'articulet est illustré d'un clysopompe, instrument médical destiné à effrayer le Bleu pendant son baptême.



Bruxelles Universitaire, novembre 1928.

jeudi 10 octobre 2013

La Fanfare de l'ULB, à la Saint-Vé 1970

La direction de la Chorale de l'ULB avait été abandonnée au début des années 60 par Robert Ledent en raison de ses activités extérieures. Après une interruption de quelques années, il reprit la direction de la Chorale et en profita pour l'élargir en créant une section musicale plus étoffée. Aux côtés de la Chorale, on trouvait également des jeunes solistes de musique classique, un ensemble de musique de chambre, une section jazz et... une fanfare.

Cette nouvelle section eut un grand succès en 1966 et 1967 et donna plusieurs représentations, à l'ULB bien sûr, mais également en province.

Je me rappelle notamment d'un déplacement à Leuven où, après la prestation de l'ensemble de musique de chambre, des jazzmen et de quelques solistes, la section quitta la salle pour gagner un local plus approprié au répertoire festif de la Chorale... La transhumance se fit, Fanfare en tête, au travers des rues de Leuven. A un moment, tout le monde entonna "A bas la calotte" sous l'œil amusé des Louvanistes. La suite du petit concert se poursuivit assez tard et se clôtura par un éclatant "Semeur" dont les Louvanistes nous prièrent de chanter la version intégrale !

La Fanfare, le matin de la Saint-Vé 1970

Hélas, en 1970, eut lieu la scission entre ULB et VUB.

Robert Ledent eut l'idée de faire défiler la Fanfare et la Chorale le matin de la Saint-Vé, pour animer les rues d'Ixelles et de Bruxelles.

Bien entendu, nous devions demander une autorisation de défiler dans chacune des deux communes. Comme étudiants néerlandophones et francophones se côtoyaient, il fallait envoyer un bilingue. Ce fut une charmante étudiante de la VUB qui se chargea des demandes auprès des polices communales. Les autorisations furent accordées sans aucun problème.
 
La Chorale et la Fanfare de l'ULB au Vigneron (place Fernand Cocq).
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.

La Chorale et la Fanfare de l'ULB, chaussée d'Ixelles - rue de l'Athénée.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.
La Chorale et la Fanfare de l'ULB, chaussée d'Ixelles - rue du Prince Royal.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.

La Chorale et la Fanfare de l'ULB, chaussée d'Ixelles.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.

La Chorale et la Fanfare de l'ULB, chaussée d'Ixelles.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.
Le matin, le petit cortège quitta le Solbosch précédé de deux motards de la police d'Ixelles. Nous descendîmes en musique l'avenue Buyl, puis l'avenue de l'Hippodrome pour aboutir à la place Flagey. Après une petite halte, nous remontâmes la chaussée d'Ixelles. Cette montée fut un peu moins aisée et le cortège fut heureux de s'arrêter au Vigneron, un établissement de la place Fernand Cocq. Après s'être désaltérés, les musiciens de la Fanfare et les chanteurs de la Chorale poursuivirent leur petit bonhomme de chemin jusqu'à la porte de Namur.

Mais à l'avenue de la Toison d'Or, surprise ! De l'autre côté, boulevard de Waterloo, un rideau de policiers casqués de blanc nous attendait. Que se passait-il ? Un malentendu, tout simplement. L'étudiante de la VUB qui avait demandé l'autorisation de défiler s'était trouvée face à un policier bilingue flamand. Le dialogue s'était donc déroulé en néerlandais. La Ville de Bruxelles en avait conclu que, suite au splitsing, les étudiants de la VUB et de l'ULB défilaient séparément pour la Saint-Vé et avait pris la promenade matinale de la Fanfare pour le grand cortège de la VUB...

La Chorale et la Fanfare de l'ULB, chaussée d'Ixelles - avenue de la Toison d'Or.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.
Nous avons expliqué au responsable de la police qu'il ne s'agissait que d'une fanfare et d'une chorale ! Il éclata de rire et ordonna à ses troupes de remonter dans les combis et chargea deux agents de nous accompagner. Pour la petite histoire, ils entonnèrent même quelques chansons avec nous.

La Chorale et la Fanfare de l'ULB, Grand Sablon.
Photo Xavier Hubaut, Saint-Vé 1970.
C'était trop beau... Les tensions entre les instances dirigeantes de l'ULB et de la VUB avaient été importantes. La scission de l'Alma Mater finit par également frapper la section musicale. La section jazz et la Fanfare étaient majoritairement composées de néerlandophones. Par contre, la Chorale comptait surtout des francophones dans ses rangs. Déçu par cette séparation, Robert Ledent quitta en 1972 la direction de cette section musicale amputée de deux de ses éléments. Il ne revint qu'en 1976 pour, une fois de plus, ressusciter la Chorale.
[Xavier Hubaut,
Directeur de la Chorale]

dimanche 8 septembre 2013

Francis André et l'Océan

En mars, avril et mai 1928, Francis André (dit Clebs Phétide) livre deux dessins et une bande dessinée spinalienne qui ont comme toile de fond le voyage et la traversée de l'Océan.

Du rêve à la réalité, il n'y avait qu'un coup de crayon. Francis André - en rupture d'université - boulinguera sur des cargos.

Bien des années plus tard, en 1948, Bruxelles Universitaire se souvient de cet aventurier : "Francis André, lui, attendait le moment des inscriptions aux examens. Sa mère venait alors lui apporter l'argent nécessaire. A peine était-elle partie que Francis se rendait à Anvers et s'engageait comme matelot sur le premier bateau en partance pour l'Amérique du Sud." (Bruxelles Universitaire, 20 novembre 1948)

La mer habita longtemps l'imagination d'André. De 1936 à 1950 (avec une pause pendant sa captivité durant la Seconde guerre mondiale), il anima "Le sous-marin à voiles", petit organe indépendant de la navigation dolente et de la petite chanson trouble du continent maritime. On y retrouve sa poésie surréaliste et mélancolique.

Aventure ou fuite ?

Dans le dessin (joyeux) de mars 1928, la fanfare de l'ULB s'embarque pour le concours de Maracaïbo (au Venezuela), avec pennes et grosse caisse. Camarades, musique, bateau, voyage : l'aventure est là, dans ces quelques traits.


Bruxelles Universitaire, mars 1928.

En mai 1928, le ton a changé. Bruxelles Universitaire demande à sa Une "Après un an de galères,que vous reste-t-il comme espoir ?" Le Clebs Phétide répond "La Buse dont un ange vient nous coiffer." Et le bateau, vent dans les voiles, semble ici inviter à prendre le large.


Bruxelles Universitaire, mai 1928.

Un rêve éveillé

En avril 1928, Francis André marie son envie de voyager avec sa passion pour les machines compliquées. Dans une BD débridée, il imagine la traversée de l'Atlantique (avec un crochet par l'estaminet du Paon) à bord d'un engin alimenté au macon... Un voyage que Gabin aurait pu rêver au court d'une de ses mémorables cuites d'"Un Singe en hiver".






Extrait du Bruxelles Universitaire, avril 1928.

vendredi 30 août 2013

La Fanfare en 1928

Sous un sympathique cartouche signé Jean Dratz, Bruxelles Universitaire a tenu une chronique consacrée aux Beaux-Arts. Celle de mai 1928 présente la Fanfare de l'ULB avec humour.

La Fanfare s'illustrait notamment lors de la Saint-Verhaegen. Cette journée de liesse pour le peuple estudiantin était au cauchemar pour le porteur de la grosse-caisse : rencontres malencontreuses avec les marches de la Bourse et avec les chevaux qui tiraient les chars jusque dans l'immédiat après-guerre.





La Fanfare en folie dans un estaminet du Brabant.
Cliquez sur le dessin pour l'agrandir.

mardi 28 août 2012

La Saint-Verhaegen 1927

La Saint-Verhaegen de 1926 s'était achevée par des bagarres avec la "pègre". Aussi, lors des festivités de 1927, l'Association générale conseilla aux Poils de ne pas se mêler aux rixes et de ne se munir tout au plus que d'une canne pour se défendre.

La Saint-Vé se déroula toutefois dans la bonne humeur. Les Poils allèrent en monôme de la Maison des Etudiants (située au parc d'Egmont) jusqu'à l'Université, rue des Sols. Et, de là, après un hommage à Verhaegen, ils partirent en cortège vers Manneken-Pis et la Grand-Place.

Manneken Pis était habillé en Poil, comme le voulait la tradition. L'A.G en profita pour épingler à sa penne l'écusson officiel, dont les étudiants avaient décidé la fabrication deux ans plus tôt pour distinguer leur couvre-chef de celui que les élèves et les étudiants de Saint-Louis portaient par imitiation.

Enfin, après avoir promené un mannequin du docteur Wibo en fiacre, les étudiants y boutèrent le feu, supplice qu'ils avaient déjà infligé l'année précédente au "Bourgeois qui ne paye pas à boire". Le très catholique Wibo présidait la "Ligue pour le relèvement de la moralité publique" (fondée en 1922). Avec une telle carte de visite, il ne pouvait que s'attirer les sarcasmes des Poils... On le conspua plusieurs Saint-Vé.


Une du Bruxelles Universitaire du 21 novembre 1927.
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

Bruxelles Universitaire du 21 novembre 1927. 
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.


Bruxelles Universitaire du 21 novembre 1927. 
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.
















Bruxelles Universitaire de décembre 1927. 
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.


Les chars

Pour le moment, nous n'avons retrouvé que deux photographies de la Saint-Verhaegen 1927. C'est par ailleurs les plus anciennes photos de char de Saint-Vé que nous connaissions. L'une d'elle représente le fiacre avec Wibo mentionné dans la chronique.

La Saint-Vé de 1927 et le fiacre avec Wibo.
Deux Poils jouent les bourreaux :
ils portent les
mêmes cagoules que les comitards de baptême.


Saint-Vé de 1927.
Les panneaux "Sens interdit" se moquent

du très catholique Docteur Wibo.