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samedi 14 novembre 2020

Vue aérienne de l'ancienne Alma Mater

Cette vue aérienne, dénichée par le vieux Poil Br.m D.sm.t, est très instructive. Elle permet de situer précisément la vieille Alma Mater, installée dans l'ancien Palais Granvelle. Elle est coincée entre le boulevard de l'Impératrice (qui passe devant sa cour) et la rue des Sols (qui remonte vers l'église et - plus haut - vers le Palais des Beaux-Arts).

Cette vue n'est pas datée mais on peut estimer qu'elle a été prise entre 1926 et 1928, en raison des dates des travaux de démolitions du quartier. A gauche de l'Université, les bâtiments ont déjà été rasés. Et, à droite, l'on distingue la courbe d'une route qui entoure les jardins du Mont des Arts (avant qu'il n'accueille la Bibliothèque royale).

Les bâtiments du Palais Granvelle seront le siège principal de l'ULB de 1842 à 1928, date à laquelle le quartier disparaît définitivement pour laisser la place à la gare centrale et à la galerie Ravenstein. Le déménagement de l'Université au Solbosch est alors - pour l'essentiel - déjà fait depuis plusieurs années.

Carte postale, transmise par Br.m D.sm.t.

Détail de la vue aérienne précédente.

Carte postée en 1906.

Le Poil M.ch.l H.rm.nd nous transmet également cette carte très étonnante, postée en 1930. On y propose la façade du Palais Granvelle à la vente. Qu'est-il, en définitive, advenu de cette façade ?
 

Document transmis par M.ch.l H.rm.nd

Dans son article consacré au Granvellepaleis, Wikipedia indique que les façades de l'ancienne Université sont allées à Woluwe-Saint-Lambert afin de les utiliser pour construire la maison communale. Projet qui ne s'est finalement pas concrétisé. Des pierres dures non taillées ont servi de bordures en 1944, des pierres blanches ont été employées pour une galerie au cimetière de Stokkel et le reste a été vendu à divers particuliers...

O jerum, jerum, jerum !
O quae mutatio rerum !

jeudi 18 juillet 2013

Cette A.G. critique

Le 30 mars 1927, l'Association générale donne une Revue au théâtre Varia, à Bruxelles : "Cette A.G. critique". Le délire s'empare de la salle et du bar. Il faut dire que c'est assez haut en couleur et assez grivois pour l'époque. Et que c'est assez critique au sujet du déménagement de l'Université du centre-ville au Solbosch.

La vieille Université de la rue des Sols se vide peu à peu de ses étudiants et les bâtiments se dégradent. C'est un spectacle déchirant pour beaucoup de Poils qui y ont étudié et qui ont guindaillé dans les quartiers voisins. Une chanson propose d'ailleurs mettre un terme à ce supplice : S'il faut qu' ça brûle, eh bien j' donn' le pétrole, / à moins qu' ça tomb' tout seul rue des Sols. Un chien pourrit dans un' des petit's cours. / Si ça dur' ça s'ra mon tour. 

La nouvelle Université est trop éloignée du centre ("Partez une heure avant, c'est prudent"). Ses bâtiments - l'Usine - sont jugés labyrinthique ("Faut toujours un plan dans sa poche") et vilains ("on put voir dans les boues du Solbosch / Que le gosse était venu bien mioche").

Nous ne présentons ici que les pages les plus significatives du programme de cette Revue, composée de deux prologues et de trois tableaux. Le tout joué par des Poils aux pseudonymes savoureux.








Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

Et un zoom sur une caricature due à Bizuth.



C'est toute l'exubérance de cette Revue qui renaît à la lecture du compte-rendu qu'en donne le Bruxelles Universitaire de mai 1927.




Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

lundi 15 juillet 2013

Résistance : le square Groupe G

Le 17 novembre 1994, à l'occasion de la célébration des 50 ans de la Libération, le Cercle du Libre Examen, l'Association des cercles étudiants (ACE) et le Bureau des étudiants administrateurs (BEA) organisent une cérémonie en hommage au Groupe G, un groupe de résistants né à l'ULB. Un monument provisoire en bois est fleuri en présence de Jean-Louis Servais, membre du bureau de l'Association générale des étudiants en 1941 et ancien du Groupe G.

Un feuillet

Peu avant la Saint-Vé 1994, le Librex réalise un feuillet de quatre pages destiné à tous les étudiants. Il y présente l'activité du Groupe G qui se caractérise par son ancrage ulbiste, son esprit scientifique, la contradiction interne, la réflexion sur les conséquences des actions et un recrutement ouvert (au-delà des barrières idéologiques). 

L'action la plus remarquable du Groupe G reste sans doute la "Grande coupure" de janvier 1944. Le Groupe sabote alors 28 pylônes électriques situés en Belgique, qui alimentent de nombreuses entreprises allemandes.

Le feuillet aborde aussi brièvement les Partisans armés, de tendance communiste, qui se chargent de l'exécution des collaborateurs importants, comme l'ancien dirigeant du Cercle du Libre Examen Louis Fonsy.

 

Page 2 :


Page 3 :


Page 4 :



Une médaille et un monument

De leur côté, en 1994, l'ACE et la Brussels Studentengenootschap font frapper une médaille de Saint-Verhaegen en l'honneur du Groupe G.

Médaille de la Saint-Vé 1994. Photo Collectiones Studenticae.

Il était prévu dès l'origine d'édifier un monument définitif là où s'était déroulée la cérémonie du 17 novembre 1994 mais ce projet sombra peu à peu dans l'oubli. Il fallut attendre le 19 novembre 1996 pour assister à l'inauguration du monument définitif, édifié grâce au travail du BEA et à la souscription publique qu'il a lancé.

Le monument est composé d'une pyramide de pierre grise et de douze colonnes en métal, qui sont autant de symboles maçonniques. Deux des faces de la pyramide sont brutes et la troisième est polie ; ce qui rappelle que l'Homme peut s'améliorer. Quant à elles, les colonnes sont brisées, en souvenir des femmes et des hommes qui sont tombés dans la lutte pour leurs libertés.

Enfin, la pierre évoque le passé et le métal l'avenir. Le message est clair : le combat pour la liberté de pensée est permanent.

Vue partielle du monument du square Groupe G. Photo Franz André, 2013.

jeudi 2 mai 2013

L'ULB au parc Léopold

Implantée au Palais Granvelle, rue des Sols, "l'Université se trouva confrontée à des problèmes d'espace pour ses départements scientifiques et pour la Faculté de médecine, qui commençait à la fin du XIXe siècle à développer une recherche expérimentale. Dès lors, le Conseil d'administration de l'ULB chargea en 1891 une commission d'étudier le projet de construction d'une Ecole pratique de médecine au parc Léopold, propriété de la Ville de Bruxelles. Dans ce cadre, Paul Héger plaida pour la construction de plusieurs instituts scientifiques, architecturalement indépendants." (J. Unger, C. Vandermotten, et alii, Itinéraire de l'Université Libre de Bruxelles, Société royale belge de géographie, 2006)

"La Ville mettant le terrain à disposition, ce furent des mécènes, au premier rang desquels les frères Solvay mais aussi Georges Brugmann et Waroqué, qui financèrent la construction des bâtiments. L'idée était de créer au parc Léopold une véritable Cité scientifique et on envisagea un temps d'implanter sur ce site l'ensemble de l'ULB. La Première Guerre mondiale mit fin à ce projet et le site du Solbosch, plus vaste, lui fut ensuite préféré." (J. Unger, C. Vandermotten, et alii, idem.)

Les bâtiments

"Inaugurant la série de ses libéralités en faveur de l'Université, Ernest Solvay lui avait fait dont de l'Institut de Physiologie, en 1893. La même année, Raoul Waroqué mettait à sa disposition l'argent nécessaire pour la construction d'un Institut d'Anatomie. MM. Alfred Solvay, Georges Brugmann, Fernand Jamar et le baron Léon Lambert la dotaient d'un Institut d'Hygiène, de Bactériologie et de Thérapeutique. A cette couronne, Ernest Solvay allait peu après ajouter deux nouveaux fleurons : l'Institut de Sociologie et l'Ecole de Commerce (1903)." (L'Université de Bruxelles, 1909-1934)

L'Ecole de commerce restera au parc Léopold de 1904 à 1955. L'Institut de sociologie y demeurera de 1902 à 1967 (les Editions de l'Institut de sociologie, devenues les Editions de l'Université de Bruxelles, restèrent dans le bâtiment jusqu'en 1982).

Entrée du parc Léopold vers 1900.
 
L'étang du parc Léopold en 1901.

L'étang du parc Léopold, en 1904.

L'Institut de physiologie.

L'Institut Solvay vers 1900.





L'Institut d'hygiène.

L'Institut de sociologie.

L'Ecole de commerce.

jeudi 16 août 2012

L'Exposition universelle de 1910 au Solbosch

A partir de 1907, on aménage les étendues agricoles du Solbosch pour accueillir l'Exposition universelle de 1910. Celle-ci s'étend de l'avenue Jeanne à la chaussée de la Hulpe et de la chaussée de Boendael au bois de la Cambre. Et est traversée par le fossé de l'avenue du Solbosch (l'actuelle avenue Buyl). 

L'Exposition est inaugurée le 23 avril 1910. A côté des pavillons présentés par une vingtaine de pays, des attractions et des cafés accueillent les visiteurs belges et étrangers. Mais une bonne partie des bâtiments brûlent dans la nuit du 14 au 15 août (sans faire de victime) et doivent être reconstruits à la hâte.

L’Expo ferme le 8 novembre 1910 après avoir reçu la visite de 13 millions de curieux. Lorsque les pavillons sont démontés, la ville de Bruxelles relance l'urbanisation du site du Solbosch. Aussi, d'une part, au début des années 1920, l’avenue des Nations (l'actuelle avenue Franklin Roosevelt) qui était l’axe principal de l'Expo, est prolongée jusqu’à l’hippodrome de Boitsfort. Et, d'autre part, les terrains libérés par la démolition des pavillons sont attribués à l'ULB, dont les bâtiments de la rue des Sols étaient alors devenus trop exigus.


Les plans de l'Expo 1910

Vue arienne de l'Expo de 1910.
Le bois de la Cambre se trouve en bas du dessin.

L'avenue du Solbosch est l'actuelle avenue Buyl.
En noir, la partie détruite par l'incendie du 14 au 15 août 1910.

L'actuel bâtiment A occupe l'emplacement des pavillons belges
et la Cité Héger celui des pavillons anglais.
Les actuels bâtiments E et le parking ont remplacé Bruxelles Kermesse.

Face au bois de la Cambre

Le bassin et, à droite, la façade princiaple
derrière laquelle se trouvait la section belge.
 
L'avenue des Concessions dont le tracé sera très légèrement modifié
et deviendra celui de l'actuelle avenue Antoine Depage.

L'avenue des Nations, actuelle avenue Franklin Roosevelt.
Sur le trottoir de droite, au premier plan, la Maison du Peuple.

L'avenue des Nations : autre point de vue.


Bruxelles Kermesse et les pavillons belges

Les actuels bâtiments d'Education physique et le parking
se situent à l'emplacement de Bruxelles Kermesse.
On voit ici l'entrée principale.
 
Reconstitution de la Senne dans Bruxelles Kermesse.

Pont de Bruxelles Kermesse.

Pavillon de Bruxelles

Pavillon de Liège
 
Pavillon de la Fermière

Deux vues de la plaine des attractions




Les pavillons de quelques autres pays

Pavillon de l'Italie

Pavillon de l'Uruguay (à gauche) et de Fabrique nationale de Herstal

Le restaurant Métropole (à gauche)
et le pavillon de Monaco

Pavillon de l'Espagne
 
Vue prise dans le jardin des Pays-Bas, vers la section française.
A l'avant plan, à droite, la tour carrée du pavillon de Monaco
et, à l'arrière plan,  celle du pavillon de l'Uruguay.

Pavillon de l'Allemagne

Pavillon des Pays-Bas (à droite)

Pavillons de l'Indochine (à gauche)
et de l'Afrique occidentale.

Pavillon du Sénégal

La notion erronée et détestable de "race"
était très présente à l'Expo de 1910.
Des Sénégalais furent ainsi exposés au regard des curieux
dans un véritable zoo humain.

Pavillon algérien et, derrière, le pavillon d'Afrique occidentale.

Deux vues de l'incendie des 14-15 août

Les vestiges de la section belge après l'incendie de l'Expo 1910.
L'essentiel des pavillons était construit
en matériaux fragiles.

Vestiges de la section belge
(avec, à droite, la tour du pavillon de Bruxelles)
après l'incendie des 14 et 15 août 1910.