Affichage des articles dont le libellé est Mons. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mons. Afficher tous les articles

lundi 30 septembre 2024

Le béret, à l'ULB et ailleurs

L'iconographie de l'Université libre de Bruxelles nous a habitué à la penne blanche, parfois noire (comme ce sera le cas après la Seconde guerre mondiale notamment en Chimie, à Solvay,  en Médecine.) 

Mais le béret en velours noir a également été porté à l'ULB comme dans d'autres universités, que ce soit à Gand, à Mons... On en trouve des traces avant la Première guerre mondiale et, au moins, jusqu'à la fin des années 1940.

Des Nébuleux à 1950

La plus ancienne trace de béret estudiantin bruxellois que nous ayons trouvée figure sur la photographie des Nébuleux jouant aux cartes. La photo n'est pas datée. Mais, si l'on en juge par les habits et par la forme des pennes, elle a sans doute été prise au plus tard vers 1900.

Le porteur de béret au second plan.
Le Cercle des Nébuleux pose avec son drapeau
reconnaissable à son croissant et à l'étoile.
La date 1886 est celle de la fondation du Cercle.

Sur ce cliché des années 1910, on voit nettement le béret noir tel qu'il fut porté à l'ULB, avec le ruban rouge et vert (couleurs de la ville de Bruxelles) où sont épinglés les étoiles.

Vers 1910.
Collection privée.

On retrouve encore le béret en Une du Bruxelles Universitaire, en décembre 1948. C'est l'une des dernières traces que nous ayons retrouvée. Le béret porte toujours le blason facultaire et les étoiles sur un ruban d'une seule couleur (celle de la faculté où étudie la Plume).


Origine

Ainsi que la presse estudiantine de l'époque le rapporte, les étudiants belges avaient de nombreux contacts avec leurs homologues français à la fin du XIXe siècle. C'est vraisemblablement lors d'une de ces rencontres (soit en France, soit en Belgique) que le béret a été adopté par les Bruxellois.

Le port du béret est lui-même introduit chez les étudiants de France en 1888. Cette année-là, de grandes fêtes sont organisées à Bologne pour célébrer les 800 ans de l'université de la ville, la plus ancienne d'Europe, en présence de délégations de nombreux pays. Les étudiants français, jaloux des apparats - casquettes, uniformes et chapeaux divers - de leurs confrères, choisissent le béret bolonais en velours noir comme signe distinctif. Ils le baptiseront du nom de faluche.

Le béret ayant été introduit en France en 1888, on peut raisonnablement penser que ce couvre-chef a été porté à l'ULB vers 1890 au plus tôt, le temps que ce couvre-chef se diffuse en France et soit importé chez nous. La photo des Nébuleux, où figure un étudiant en béret, devrait donc avoir été prise entre 1890 et 1900.

Le béret est toujours porté en France. Et en Suisse romande, où il côtoie la casquette au sein d'une même société d'étudiants, qu'il s'agisse de Belles-Lettres ou de l'Valdesia. Qui sait s'il ne reviendra pas au goût du jour en Belgique ?

Quelques bérets de l'ULB

Nous avions déjà publié des photos de bérets de l'ULB. En voici d'autres. Nous les devons toutes au vieux Poil Benoît Bacchus P.nc.n. Nous le remercions grandement.

Voici un béret de 1921, avec une photo de son porteur. On reconnaît le blason du cercle de médecine et le ruban aux couleurs de la Ville de Bruxelles.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Ce même étudiant portait également une penne, dont le ruban est aussi rouge et vert (couleurs de Bruxelles). Étonnamment, il n'y a qu'un insigne facultaire et non pas de blason alors que le béret (datant de la même époque) en disposait. Etait-ce par coquetterie ou par esprit pratique (selon la météo ou les activités) que ce Poil possédait deux couvre-chefs ? Mystère. Mais il n'est pas le seul dans ce cas.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

La photographie suivante est celle d'un béret de 1938, remis à une Plume de Sciences Politiques. Le modèle du blason a changé et le ruban est désormais à la couleur de la faculté dans laquelle l'étudiante est inscrite. Ces modifications font suite à la codification des couvre-chefs estudiantins en 1926.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Béret de Mons

Ce béret en velours noir du début des années 1920 est ceint d'un ruban rouge et blanc, couleurs de la Ville de Mons. L'insigne facultaire est épinglé à l'avant du couvre-chef. Les étoiles ponctuent le ruban mais le maintiennent également en place.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Bérets de Gand

Ce sont maintenant deux bérets de Gand, que nous vous présentons. L'un et l'autre se ressemblent étrangement.

Leur datation est difficile à estimer. Le premier béret gantois date peut-être d'avant la Première guerre mondiale et le second d'après celle-ci. Néanmoins leurs nombreuses similitudes laissent planer le doute. 

Sur les deux bérets, une tête de mort y a été épinglée comme un insigne facultaire. Mais comme les rubans facultaires semblent différer (le premier béret porte un ruban noir et le second un ruban mauve), cette tête de mort a peut-être été attribuée par une confrérie ou lors d'une guindaille.

L'écusson jaune et bleu cousu sur les deux bérets fait sans doute écho aux couleurs de Flandre Occidentale.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Le velours noir du second a été moins insolé.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

Ici aussi, nous disposons également d'une penne pour l'étudiant porteur de ce second béret gantois. On y reconnaît le même ruban jaune et noir et la même Minerve.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n

 Bérets de Belles-Lettres, en Suisse

Les étudiants et anciens de Belles-Lettres (à Lausanne, Genève ou Neuchâtel) porte des bérets verts et des casquettes vertes, de la couleur dominante de leur Société. Un monogramme (parfois appelé Zirkel) rouge y est brodé.


mercredi 8 mai 2013

Sous la cagoule, un Bourreau montois

Nous avons vu dans notre article La cagoule au baptême montois en 1925 qu'à Mons, dans les années 1920, "les membres du jury ont tous la cagoule noire et la robe aux armes de l’Ecole des Mines".

La cagoule se porte toujours dans la cité du Doudou. Ne pouvant publier sur la toile toutes les arcanes du folklore estudiantin à Mons, nous distillons quelques éléments sur celui-ci et invitons les curieux à aller savourer ces traditions durant les baptêmes montois.

La cagoule aujourd'hui

Le jury d’antan a évolué et la cagoule est désormais portée par les "Bourreaux" qui apparaissent aux yeux du grand public lors du "cortège des bleus", le jour du baptême. Ces Bourreaux, présents à la FPMS, à l'ISIC, à l'ISIMs et à la Fucam, portent "la toge noire" ainsi qu’une cagoule noire percée de deux trous, pour les yeux. La toge des Bourreaux reprend les couleurs des toges de cercle, en les inversant. Par exemple, la toge de la FPMS est rouge avec des bandes noires. La toge des Bourreaux de la FPMS est donc noire avec des bandes rouges et présente un crâne sur le devant de la toge, ce qui présage de funestes moments pour les bleus…


Baptême de la FPMS, 2016.

Ils occupent une place spéciale dans le folklore montois : leur identité est secrète afin de leur assurer une aura à la fois inquiétante et mystérieuse. Les Poils les plus perspicaces tenteront de deviner les visages dissimulés derrière les cagoules. Comme nous pouvons en douter, leur rôle est de "réprimander" les bleus et de les "chahuter". Mais, parfois, ce sont les Poils et même les togés qui peuvent être victimes de la sentence des Bourreaux, qu'il s'agisse de quelques afonds ou d'un passage à la tondeuse...

Ce sont d’ailleurs les Bourreaux qui conduisent les bleus au baptême qu’ils dirigent.

L'homme qui murmurait à l'oreille des bleus

Les Bourreaux chuchotent à l’oreille du bleu. Ce détail n’est pas sans rappeler la Confrérie de la Miséricorde ou Confrérie de Saint-Jean Décollé, dite des Beubeux, érigée à Mons en 1699.

"Beuber" signifie en ancien français "marcher, accompagner en se lamentant" ce qui correspond aux processions des confrères qui accompagnaient le condamné à mort vers le lieu du supplice, en murmurant des prières. A l’heure actuelle cette confrérie existe toujours et sort, une fois par an, lors de la procession du Car d’Or, pendant la Ducasse de Mons.

Le costume de cette confrérie ressemble à celui des Bourreaux des cercles étudiants : cagoule et toge noire. Autres parallèles : les membres de la confrérie chuchotent et accompagnent le condamné, tout comme les Bourreaux murmurent et accompagnent les bleus lors du cortège vers la salle de baptême.

La Ducasse est un incontournable pour les Montois et beaucoup d’enfants sont impressionnés par le passage silencieux des Beubeux cagoulés. Auraient-ils inspiré les étudiants ? Ça reste à prouver.

Quoi qu’il en soit, la cagoule est toujours bel et bien portée à Mons et est visible lors du cortège des bleus. Nous déconseillons vivement aux audacieux de tenter de l’enlever à son propriétaire...

[S.L., Poil montois]

dimanche 20 mai 2012

La cagoule au baptême montois en 1925

Sous le titre "Le baptême des bleus à l'école des Mines de Mons", Bruxelles Universitaire publie un article instructif dans son numéro du 20 novembre 1925.

Dans ce compte-rendu assez complet, nous relèverons la présence de délégations belges mais aussi - excusez du peu - de Lille et de Paris au baptême montois.

Notre attention est cependant plus particulièrement attirée par la clarté verdâtre (vraisemblablement due à une éclairage aux bougies) et l'arrivée des comitards du jury vêtus de toges aux armes de l'Ecole des Mines et de cagoules noires. Ce détail indique qu'à l'époque l'ULB n'est pas la seule université où l'on porte ce couvre-chef folklorique. (Lisez la brève : "La cagoule avant et après le baptême de 1925")

Ces tenues et cet éclairage sont destinés à impressionner les bleus, tout comme la présence d'un gendarme en uniforme et d'un bourreau moyen-âgeux et l'interprétation d'un chant funèbre.

La toge et la cagoule sont encore portées aujourd'hui lors des baptêmes étudiants de la Faculté polytechnique de Mons. (Lisez l'article : "Sous la cagoule, un Bourreau montois"). Si le jury a quant à lui fortement évolué, le carcan y fait encore son apparition...





Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.