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lundi 19 juin 2017

Maitrank et vadrouille à la campagne

Le Maitrank - cette noble "boisson de mai", vin blanc de Moselle où fermente l'aspérule odorante - salue le retour des beaux jours. Il n'en fallait guère plus pour que les sociétés étudiantes commentiques adoptent ce breuvage. On en trouve des traces vers 1900 dans les peintures de Georg Mülhberg, qui présente cette tradition comme bien établie donc... plus ancienne.
 
Carte postale.
Maibowle, par Georg Mülhberg, vers 1900.
Collection personnelle.
De nos jours, de la Société de Belles-Lettres de Neuchâtel à la Zähringia de Berne en passant par l'Helvetia de Lausanne, de Suisse en Allemagne en passant par l'Autriche, nombre d'étudiants consacrent chaque année une séance à la dégustation du Maitrank, aussi appelé Maibowle. En Belgique, c'est la Société du Grand Clysopompe qui porte cette tradition.

Parallèlement, à l'arrivée du printemps, les sociétés commentiques organisent souvent des vadrouilles à la campagne, en plein jour ou à la tombée de la nuit. Celles-ci sont parfois ponctuées de rasades de Maitrank.

Ces séances bucoliques et bibitives marquantes ont donné naissance à une riche iconographie. Nous n'en présenterons que quelques exemples.

Nous y joindrons l'évocation d'un Maitrank célébré avant-guerre à la campagne par la section neuchâtelloise de la Société de Zofingue. Ce tableau poétique, extrait d' "Où coula notre vie dans sa belle saison" (par Ernest Bauermeister et Jean-Paul Ehrbar, Société de Zofingue, Neuchâtel, 1944), évoque entre autres la préparation de l'élixir par les Füchse (les nouveaux) et les traditionnels duels d'afonds où les champions doivent faire suivre leur dernière goutte de vin du cri "Maitrank !"


Carte postale de la Société de Zofingue Neuchâtel, Maitrank de 1912.
Collection personnelle.

Carte postale. Maintrank de la Société Industria, 1945.
Collection personnelle.

Carte postale, par Georg Mülhberg, vers 1900.
Collection personnelle.

Vadrouille aux lampions.
Carte postale de la Section lausannoise de Stella.
Envoyée de Lausanne à Berne, en 1922.
Collection personnelle.

Soirée sous les lampions et... sous le tonneau.
Carte postale de Stella, non datée.
Collection personnelle.

Sommernachtkneipe, séance nocture d'été,
Société Corona de Saint-Gall.
Carte postale de juillet 1920.
Collection personnelle.


 
... immobile, jetant le feu aux vitres des maisons. Tout d'un coup, il s'enfonça et la montagne se referma sur lui, comme une paupière. Là-bas, vers le Vully, la brume rose montait vers le ciel, chassée par la nuit qui venait.

Scène de duels bibitifs au Maitrank.

Textes et gravure in "Où coula notre vie dans sa belle saison"

(par Ernest Bauermeister et Jean-Paul Ehrbar, Société de Zofingue, Neuchâtel, 1944).
Collection personnelle.

jeudi 6 mars 2014

Le train, selon Clebs Phétide

En novembre 1929, Bruxelles Universitaire publie le compte-rendu d'une vadrouille arrosée de l'Association générale à Paris.

Pour cette escapade, l'AG délaissa la luxueuse - mais sinistre - Compagnie des Wagons Lits, au profit de celle des Wagons Clos (succursale de la Maison du même nom) et de celle des Wagons Profilactiques...

A moins que... De retour de l'expédition bibitive, le chroniqueur voyait manifestement encore double ou - du moins - voyait... grand. Tout comme le génial Clebs Phétide, chargé de "photographier" le train de l'AG qui s'étire sur... quatre pages.

(Cliquez sur les dessins pour voir les détails cocasses du tchou-tchou).













vendredi 1 novembre 2013

Les vadrouilles à Lille en 1928 et 1930

En mai 1928, sous le titre "Les délices de Lille", Bruxelles Universitaire raconte la vadrouille du Cercle Solvay chez les Camarades de lillois.



Bruxelles Universitaire, mai 1928.

Deux ans plus tard, en janvier 1930, le B.U. retrace "L'épopée du C.D. à Lille". Le titre n'est pas exagéré : tout est énhaurme dans cette expédition extra-muros, des beuveries jusqu'au monôme (ce défilé en file indienne d'étudiants, qui zigzague en rue).

Il semble que cette habitude de se rendre visite s'est maintenue des années 1880 à la fin des années 1930. Cela expliquerait sans doute une certaine influence des traditions étudiantes de France sur celles de Belgique (comme le monôme).










Bruxelles Universitaire, janvier 1930.