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samedi 8 juillet 2023

Le CD a retrouvé le drapeau des années 1920

Comme quoi il ne faut jamais désespérer et continuer à faire des offrandes au pied de la statue de saint Verhaegen...

Le Cercle de Droit vient de récupérer le drapeau réalisé dans les années 1920. Ses dimensions sont de 90 cm sur 70 cm. Le lettrage arrondi et la balance facultaire sont brodés en fil doré.

Etonnamment, il porte également le nom de Jules Fonson. On pourrait spontanément penser qu'il s'agit du donateur du drapeau. Mais Jules Fonson (1861-1938) est un illustre médailleur bruxellois, qui reprend l'affaire familiale dans les années 1920. Il est aussi le plus célèbre des fournisseurs militaires. C'est sans doute dans ce cadre que le Cercle s'est adressé à lui pour la confection de son drapeau.

L'étendard est fortement endommagé. Mais il est désormais entre de bonnes mains.


Photo transmise par le Poil Arm.n T.r St.p.n..n, président du C.D.

Le drapeau du CD n'a pas toujours eu le même aspect. Ainsi dans les années 1960, le texte et la balance sont disposés de la même manière mais sont tracés en noir. Et l'arrondi cède la place à l'angle droit. 

Saint-V, entre 1964 et 1968,
hommage au Soldat inconnu.
Photo extraite de M. Hermand,
"La Belle histoire du Cercle des Sciences".

"Les Bleus ont soif" : la Buse est de la revue

En mai 1920, au sortir de la première guerre mondiale, le Cercles des Sciences est le premier à renouer avec la tradition des Revues. Il donne un spectacle resté célèbre : "Les Bleus ont soif".

Son titre était un double clin d'oeil. D'une part, il rappelait "Les dieux ont soif", livre d'Anatole France paru en 1912. Ce roman a pour cadre la période de la Terreur, qui voit la Révolution française dévorer ses propres enfants.

D'autre part, par ricochet avec le livre d'Anatole France, le titre de la Revue du Cercle des Sciences est une allusion, néanmoins humoristique, aux horreurs de la guerre, dont les déflagrations se font encore sentir dans les rangs des étudiants. S'il fallait souligner le lien avec l'actualité, l'affiche de la Revue présente le profil d'Athéna, déesse grecque de la sagesse mais aussi de la stratégie militaire...

La Revue est d'ailleurs jouée au profit d'une bourse d'étude pour les combattants et les descendants de combattant.

La Buse

S'il fallait encore une preuve que le conflit mondial hante encore l'Alma Mater, la chanson "La Buse",  entonnée pour la première fois à l'occasion de la Revue, débute par ses trois mots : "Avant la guerre..." Et elle se chante sur l'air de "Verdun, on ne passe pas", chant patriotique français écrit en 1916.

Tout comme le titre de la Revue, cette chanson au propos léger est teintée d'humour noir : la Buse qui frappe les étudiants y est comparée avec l' "Aigle noir", qui désigne l'empire allemand (et son armée) dans la chanson française de 1916. Rire pour ne pas pleurer... Une autre chanson du même auteur, "La Marche des Etudiants", écrite elle en 1919, n'énonce-t-elle pas au troisième vers : "Nous faisons guerre à la mélancolie ou la cachons sous des cris de gaieté"... Tout est dit.

Sur l'affiche annonçant le spectacle, on retrouve ladite Buse sous les traits d'un angelot coiffé d'un chapeau buse, au côté d'un étudiant en casquette. Dans la pièce, la Buse était incarnée par Mademoiselle Casanova.

Collection Benoît Bacchus P.nc.n.

Le texte et les chansons de la Revue sont dus à la plume de "P. Loteur", jeu de mot en guise de pseudonyme de... "l'auteur", Paul Vanderborght, poète ulbiste (1899-1971). Les dessins de l'affiche et du livret sont signés Lif, alias Idès Lejour.

La première représentation est un succès : la salle se déchaîne, les profs se gondolent. Dans le Bruxelles Universitaire de juin 1920, Paul Vandergorght écrira entre autres : "Nous avons vécu là des heures de fraternité sincère, où l'on sentait revivre, superbe et triomphante, la belle bohème estudiantine, qui ne doit pas être confondue avec la grossièreté et la voyoucratie."

Des étudiants de Liège, Gand, Mons, Anvers et Gembloux assistent à la seconde représentation. Nouveau succès. Malheureusement, dans la soirée, le drapeau du Cercle des Sciences et l'ancien drapeau de la section de Pharmacie disparaissent lors d'une bagarre place Sainte-Catherine. 

Nous renvoyons à "La belle histoire du Cercle des Sciences", ouvrage incontournable édité en 2015 par le Poil Michel Hermand, pour plus amples informations sur cette Revue.


Collection Benoît Bacchus P.nc.n.

Comme l'indique la distribution,
c'est Mademoiselle Casanova
(alias Diane de Gravelyn)
qui incarna la Buse.

La chanson "La Buse" (en bas à droite) fait ici
sa première apparition.

lundi 23 mars 2020

Du sanatorium universitaire au chansonnier bellettrien

Le village de Leysin, niché dans les Alpes suisses, bénéficie d'un excellent ensoleillement et d'un climat sain. Aussi accueille-t-il des malades de rachitisme dès le 19e siècle.

En 1903, le docteur Rollier s'y installe et établit un premier sanatorium pour enfants tuberculeux. L'importante activité de ce médecin, transforme peu à peu Leysin en station de cure internationale.


Le village de Leysin, à la fin du 19e siècle.


En 1918, le docteur Louis Vauthier, Bellettrien neuchâtelois (actif de 1908 à 1918), lance l'idée d'un Sanatorium universitaire international. Il en sera le directeur de 1922 à 1953. (in "Livre d'Or de Belles-Lettres de Neuchâtel, 1832-1860"). 

Vauthier est soutenu dans sa démarche par la Confédération internationale des étudiants, l'Entr'aide universitaire internationale, la Fédération internationale des femmes diplômées des Universités, la Fédération universitaire des associations chrétiennes d'étudiants, la Fédération universitaire internationale pour la Société des Nations, Pax Romana et l'Union universitaire des étudiants juifs.


Le "Bulletin technique de la Suisse romande" du 8 mars 1930 explique le but de ce sanatorium international était de "grouper et de guérir, dans une atmosphère familiale et studieuse, des étudiants et des professeurs de tous pays, atteints de tuberculose curable ou prédisposés à cette maladie. Installé sans luxe inutile mais suivant les exigences de la science moderne, ce Sanatorium devait, en effet, procurer à ses hôtes les moyens de poursuivre, au moins partiellement, leurs études et leurs travaux avec une certaine méthode et dans un esprit d'entraide et de collaboration internationale."




Les Archives de l'Université de Genève précisent qu' "Avec la découverte de la streptomycine, un dérivé de la pénicilline et les antibiotiques, le traitement de la tuberculose fut radicalement transformé, marquant le déclin de la Station Médicale et la fermeture, dès 1954, de la plupart des sanatoriums. Le Sanatorium Universitaire est vendu en 1973 au Service Suisse du Tourisme pour Etudiants (SSTE) qui le convertit en hôtel pour étudiants, avant d'être démoli en 2006."

Une Revue pour soutenir

En mars 1929, le Cercle de Droit, le Cercle des Sciences, le Cercle Polytechnique de l'ULB, membres de l'Union nationale des étudiants de Belgique, soutiennent eux aussi le projet du docteur Vauthier : ils montent la Revue "A l'Eau l'inter...", dont les bénéfices iront au Sanatorium universitaire de Leysin.

Les 3 actes sont en réalité d'anciennes Revues remises en forme : "C.D. c... IIe !!! ou Les Poils se redressent", "Les Bleus ont soif" et "Qu'est-ce que le C.P. ? Une vaste... chose".






Séjour à la montagne et passage à Lausanne

Lorsqu'en 1945, des Poils de l'ULB passent leur convalescence dans les Alpes suisses, ce n'est cependant pas au Sanatorium universitaire de Leysin qu'ils séjournent : ils sont hospitalisés à quelques kilomètres de là, au sanatorium des Diablerets, avec l'appui du Fonds européen de Secours aux étudiants.


Le village des Diablerets, vers 1900

La Société de Belles-Lettres possédait un chalet, le Revenandray, sur les hauteurs du village des Diablerets. Les ULBistes y ont-ils rencontré les Bellettriens ? L'histoire ne le dit pas.


Il est par contre certain que les Poils de Bruxelles rencontrèrent bien des Bellettriens à Lausanne. Et ce fut pour les étudiants suisses l'occasion de découvrir notre répertoire de chansons paillardes, ainsi que le relève le Bruxelles Universitaire d'octobre 1945.

C'est sans doute de cette rencontre que naîtra quinze ans plus tard "Le Vray Antiphonaire bellettrien", dont la table des matières ressemble pour l'essentiel à celle des "Fleurs du Mâle" de l'époque.




Bruxelles Universitaire, octobre 1945.

jeudi 21 janvier 2016

Après la guerre, des pennes noires

Dès 1925, des Poils regrettent que la penne soit portée par des étudiants de l'Institut Saint-Louis et par des élèves de secondaire. L'Association générale tâche de remédier à cette situation en codifiant la penne en 1926. Puis, en 1930, on évoque la possibilité de déposer la penne, en ce compris sa forme et les rubans facultaires.

Après-guerre, la situation ne semble pas s'être améliorée. Le chronique "Choses et autres" du Bruxelles Universitaire du 3 janvier 1945 indique que désormais la penne, déposée, sera noire.

Extrait du Bruxelles Universitaire
du 3 janvier 1945.

On ne sait pas dans quelles facultés ni combien de temps cette penne "nouvelle formule" fut portée. Les exemplaires qu'on a retrouvés proviennent tous du Cercle Solvay. Les plus anciens datent de février 1945 et les plus récents de novembre 1947.
 
Calquée sur le modèle de la penne du Cercle polytechnique, la casquette solvaysienne dispose d'un écusson composé des lettres ULB ainsi que d'un caducée accompagné de marteaux (en lieu et place des compas, marteau et pioche du CP) et d'un ruban noir (comme celui du CP). L'ancien ruban facultaire orange a cédé la place une légère passementerie de même teinte (en lieu et place de la passementerie blanche du CP).

Notons au passage que le Cercle Solvay a manifestement organisé deux baptêmes l'année suivant le conflit. On connaît en effet une penne de février 1945 et une autre de novembre 1945. Un double baptême pourrait s'expliquer par la volonté de stabiliser le nombre de Bleus après le conflit, afin d'assurer la pérennité du Cercle.

La première penne est celle d'André Vanheurck.


La lampe à huile, entourée de six étoiles,
correspondrait à des études secondaires en latin-grec.
On les retrouve également sur des calottes.



Ci-dessous, la penne de Marcel De Gueldre, baptisé en novembre 1945 (et futur compagnon de La Louve).


Penne de Marcel De Gueldre.
Document transmis par son petit-fils, Sébastien Laurent,

président de l'UAE Mons.



mardi 24 juin 2014

Concours de chansons du Cercle Solvay

Le Bruxelles Universitaire de mai 1930 nous livre un tableau amusant d'un Concours de chansons du Cercle Solvay, organisé à l'Etrille (un estaminet de la rue de Rollebeek).

S'il y a probablement eu d'autres festivités du genre avant cette date, ce compte-rendu n'en est pas moins la plus ancienne description de joutes de troubadours estudiantins.

On découvre dans cet article qu'à l'occasion du festival le Camarade Lévy composa un Chant de Vadrouille de Solvay. Il est possible qu'il s'agisse ici de l'hymne encore entonné aujourd'hui. Nous tâcherons de le vérifier.







Un des chants présentés lors du Concours fut "L'Université de Bibereri". Son titre est bien entendu un jeu de mot sur bibere (boire, en latin). Mais c'est aussi un clin d'oeil à "La façon de Barbari, mon ami", l'air sur lequel il est écrit (tout comme "Un Bal au paradis" ou encore "La dispute du cul et du con").

 




vendredi 1 novembre 2013

Les vadrouilles à Lille en 1928 et 1930

En mai 1928, sous le titre "Les délices de Lille", Bruxelles Universitaire raconte la vadrouille du Cercle Solvay chez les Camarades de lillois.



Bruxelles Universitaire, mai 1928.

Deux ans plus tard, en janvier 1930, le B.U. retrace "L'épopée du C.D. à Lille". Le titre n'est pas exagéré : tout est énhaurme dans cette expédition extra-muros, des beuveries jusqu'au monôme (ce défilé en file indienne d'étudiants, qui zigzague en rue).

Il semble que cette habitude de se rendre visite s'est maintenue des années 1880 à la fin des années 1930. Cela expliquerait sans doute une certaine influence des traditions étudiantes de France sur celles de Belgique (comme le monôme).










Bruxelles Universitaire, janvier 1930.

jeudi 31 octobre 2013

Les Cercles en 1928

Le Bruxelles Universitaire publié pour la Saint-Verhaegen 1928 présente les différents Cercles importants actifs à l'époque. Et l'on constate que le Cercle polytechnique a déjà la vitalité qu'on lui connaît aujourd'hui.

On remarque aussi l'importance des groupements sportifs dans la vie universitaire, au regard du nombre (relativement restreint) de Cercles existants.

L'article est coiffé d'un bandeau dessiné par Tayaut, où figurent des Poils (à penne) et des Plumes (à béret) ainsi que des profs (à calvitie avancée).