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jeudi 1 septembre 2016

Pour l'édification des Poils et Plumes des années 1930

Le Bruxelles Universitaire d'octobre 1931 fouette les Bleus encore potaches à coups de maximes synthétisant l'esprit poilique et plumique de l'époque. Le manchabal (plongé dans une bloque éternelle) et le noveltyse (obnubilé par la mode) y sont aussi honnis que le Bourgeois roteux et le Calotin jésuitique.

Les futurs Poils sont notamment invités à faire preuve d'esprit lorsqu'ils charrient les Bourgeois. La Marche des étudiants ne proclame-t-elle d'ailleurs pas "Si le Bourgeois veut nous payer à boire, Nous le suivrons jusqu'au fond des caveaux" ? 






Extrait du Bruxelles Universitaire d'octobre 1931.
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

samedi 24 août 2013

Chronique scientifique : le Manchaballus

En janvier 1928, Bruxelles Universitaire consacre sa première chronique scientifique aux travaux du Docteur K. Zohar. Ce zoologue réputé (et alter ego du casoar à plumes) venait de présenter les résultats de ses recherches sur le Manchaballus bloquans et le Manchaballus elegans, de redoutables ennemis du Poil.

Ces deux sous-espèces cohabitaient alors à l'ULB au sein du G.U.B.S.D.N., le très sérieux Groupement universitaire belge pour la Société des Nations.

Désireux de rivaliser avec la Revue des deux Mondes, le B.U. dédiera de nombreuses autres chroniques de la même tenue à la Buse ou à l'Opossum.




Bruxelles Universitaire, janvier 1928.Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

vendredi 23 août 2013

Projet de machine à démanchabaliser

Le Clebs Phétide (alias Francis André) imagina une machine infernale "pour la démanchabalisation des noveltistes". Et en publia le plan à la Une du Bruxelles Universitaire de février 1928.

Le Manchaballe est un étudiant infecté par le bacille de la bloque. La maladie se manifeste par quelques symptômes évidents : le Manchaballe vit pour étudier, ne porte pas la penne, il n'entonne pas d'air paillard et ne fréquente pas son Cercle facultaire. Bref, il est l'ennemi juré du Poil.

Le Noveltiste est, lui, un Manchaballe au cube. Son cas est nettement plus grave. Comme son nom l'indique, ce phénomène-là se passionne pour toutes les nouveautés. Il s'habille avec un chic racé et porte le chapeau boule. Il boit du thé et s'exprime avec distinction sur les sujets les plus complexes. Autant dire que Clebs Phétide - en vrai Poil - ne pouvait manquer de soigner un Noveltiste à coups de crayon.

La machine à démanchabalisation était conçue pour guérir le Noveltiste en trois temps. Un bras mécanique défonçait d'abord son chapeau boule à coups de poing. Puis, quatre Poils gavaient le "patient" de bière Amstel avant de lui injecter sa tisane en clystère.

On remarquera au passage que les visages des étudiants ont un (petit) air de famille avec les trognes des "Pieds Nickelés", une série dessinée par Louis Forton (de 1908 à 1934).


Bruxelles Universitaire, février 1928.
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

Cette machine resta longtemps dans la mémoire collective. Son plan fut republié à la Une du B.U. du 1er novembre 1933. Et elle fut construite par le Cercle polytechnique, dix ans plus tard, lors de la Saint-Verhaegen de 1938.

Le magazine Face à Face du 24 novembre 1945 décrivit avec humour le fonctionnement du "Turbo Démanchabaliseur" : "Jaune et fripé comme les parchemins sur lesquels il est toujours penché", le manchaballe "était enfourné d'un côté pour ressortir de l'autre, hirsute, débraillé, la face enluminée et le verre à la main".

Assis sur un tonneau, face au Turbo Démanchabaliseur, le géant Zéphyrin, conçu lui aussi dans les ateliers du Cercle polytechnique, purifiait les manchaballes ramenés à la vie (de Poil).

Le Turbo Démanchabaliseur du C.P. et Zéphyrin à la Saint-Vé de 1938.
Photo du Face à Face du 24 novembre 1945, empruntée à Quevivelaguindaille.be

Le Turbo Démanchabaliseur et Zéphyrin, lors de la Saint-Verhaegen de 1938.
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du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

Le Cercle Novelty

En janvier 1928, Bruxelles Universitaire publia un article attribué au Cercle Novelty. S'il s'agissait très probablement d'une parodie, celle-ci indique comment les Noveltistes étaient perçus et pourquoi les Poils du B.U. souhaitaient à ce point leur... guérison rapide.




Bruxelles Universitaire, janvier 1928
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du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.


mercredi 5 septembre 2012

Ni ivrognes ni manchaballes : vrais Poils !

Cet appel aux Bleus a été publié dans le Bruxelles Universitaire d'octobre 1927. Il s'agit là - à notre connaissance - du premier du genre.

A l'image de l'égalitaire "Camarades" qui ouvre le texte, le ton est chaleureux et enjoué. On est loin des plates invectives que les Bleus entendent trop souvent aujourd'hui.

Mieux : le B.U. rappelle que les Bleus n'ont pas à choisir entre se muer en de studieux "manchaballes" ou devenir des ivrognes ignares. Les vrais Poils sont gais et frondeurs ; ils portent la penne, fréquentent leur Cercle facultaire, sifflent des bières mais ne se cuitent pas chaque soir. Et surtout... ils étudient.






Bruxelles Universitaire d'octobre 1927.Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

lundi 27 août 2012

La Saint-Verhaegen 1926

Le programme de la Saint-Verhaegen 1926, publié le 15 novembre par le Bruxelles Universitaire, s'annonçait bien rempli... Un exploit en soi car les problèmes internes de l'Association générale en avaient menacé l'organisation.

C'est dans le programme de cette Saint-Vé que le mot "distillation" (terme d'argot poilique) fait sa première apparition dans la presse estudiantine. "Distiller" signifie alors se faire offrir des bières par le Bourgeois ou lui soutirer l'argent qui permettra de se payer les fameux demis. Ce sens évoluera un peu, nous y reviendrons.


Bruxelles Universitaire du 15 novembre 1926.
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.
Si l'on en croit le compte-rendu publié dans le B.U. de décembre 1926, la Saint-Vé fut à la hauteur du programme. Et, même, le dépassa : un mannequin de Bourgeois fut notamment conduit à la Maison des Etudiants (qui occupait le bâtiment central du parc d'Egmont), puis fut promené en fiacre à travers Bruxelles avant d'être brûlé place de Brouckère.

Pour ce qui est de l'argot poilique, c'est dans cette chronique que le terme "manchaballe" (qui désigne les étudiants qui bûchent à l'excès) est imprimé pour la première fois dans un journal étudiant.

Voici donc ce qu'on pouvait lire sous le titre "La Saint-Verhaegen" :





Bruxelles Universitaire du 15 novembre 1926.
Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.



A l'époque où l'ULB se trouvait rue des Sols,
la Maison des Etudiants occupait l'orangerie du Parc d'Egmont.
Ironie, ce bâtiment est aujourd'hui un lieu de détente de la bourgeoisie.

samedi 5 mai 2012

Compte-rendu de la Saint-V 1925

"Compte-rendu succinct et laconique des grandes et magnifiques fêtes de la St. Verhaegen de l'an de grâce 1925".

C'est sous ce titre à faire pâlir n'importe quelle rédaction du globe que Bruxelles Universitaire (qui n'a peur de rien) a décrit, le 7 décembre 1925, les moments forts de la Saint-Vé : le discours du président de l'Assemblée générale contre les manchaballes, le monôme (ce "long et ondoyant cortège" qui part de l'université, rue des Sols, pour aller effrayer les Bourgeois) et le punch indigeste.



Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.
50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

dimanche 8 janvier 2012

Poils et Manchaballes, par Jean Dratz


Ces Poils (à gauche, s'il faut le préciser) et ces Manchaballes sont dus au crayon de Jean Dratz. C'est l'une des nombreuses caricatures qui figurent dans les "Fleurs du Mâle" éditées en 1960 par le Cercle de Médecine de l'ULB.

Longtemps, la canne a accompagné les Poils dans leurs vadrouilles. Accessoire de la classe sociale très aisée à laquelle les étudiants appartenaient, elle servait aussi lors des bagarres... On ne sait pas exactement quand les students ont cessé de la prendre en guindaille. Mais qui se plaindra de sa disparition ?

vendredi 6 janvier 2012

Du manchaballe

Raide comme un "manche à balai", sage, studieux mais aussi suffisant, le manchaballe (ou manchabal, selon les plumes) est la bête noire de l'étudiant guindailleur. Il en est même l'antithèse : c'est un "faux Poil" qui ne fréquente pas son cercle facultaire et dont les oreilles saignent au moindre couplet des "Fleurs du Mâle".

Cet article du Bruxelles universitaire (5 avril 1946), écrit au vitriol, démontre assez que "manchaballe", mot d'argot poilique, a la force des injures de charretiers.


vendredi 30 décembre 2011

De la Jambe de Bois au Nez qui pend

B
Si le Poil - même guinzé - retrouve toujours (ou presque) le chemin qui va du café au logis, faire la route en sens inverse et à jeun semble bizarrement plus compliqué.

D'une philanthropie à toute épreuve, Bruxelles universitaire (du 15 mai 1945) rappelle aux amnésiques les adresses du Nez qui pend et de la Jambe de Bois, deux des estaminets bruxellois les plus prisés par les étudiants. Et par la même occasion - ça ne mange pas de pain -, le B.U. égratine gentiment les sages et studieux students : les manchabales, comme on les appelle en argot poilique.

Le café de La Jambe de Bois doit son nom à Jean-Joseph Charlier dit la Jambe de Bois, le célèbre canonnier de la révolution belge de 1830. L'origine de l'enseigne du Nez qui pend reste, elle, obscure... Mais un tel nez (c'est un pic, c'est un cap, que dis-je ? : une péninsule) a certainement ses avantages pour humer et siphonner une pinte.