jeudi 31 mars 2016

Le baptême du CdS en 1958 : le Diplôme

En 1958, après son Baptême, le Cercle des Sciences remet ses Diplômes au "Saint-Michel", un café de la Grand-Place.

Les ex-Bleus sont convoqués au centre de l'assemblée, réunie autour de tables disposées en U. Le président les interroge avant de leur remettre un Diplôme dûment signé. On notera que les dessins et le texte de ce document n'ont pas changé depuis lors.

Cette cérémonie se clôt par une kermesse aux boudins pour le moins agitée. Les tripes volent et les pantalons valsent.

Cette soirée olé-olé nous est connue par des photos dénichées par le Camarade Bram D.sm.t.

Le dessin du Diplôme

Sur un mur d'allure monastique de couleur mauve, la partie supérieure du Diplôme représente un Bleu avec une carotte mal placée (caricature qu'on retrouve également sur une médaille du CdS), un Comitard cagoulé fumant la pipe ainsi qu'une tête de hibou, une penne et une chope.

Le corps du Diplôme présente, en médaillons, les symboles des différentes sections de la Faculté. Tandis qu'au bas du document figure un cachet de cire frappé des initiales du CdS.

Le texte du Diplôme

S'il nous est impossible de distinguer le texte du Diplôme de 1958, il y a fort à parier qu'il soit similaire à celui que nous lisons sur cet exemplaire du 8 novembre 1966. Et que nous donnons ici :

"Nous, Comité du Cercle des Sciences, par la grâce poilique en vertu des épreuves tant moultement ingurgitatoires qu'éjectives, tant dynamiques que statiques, tant bachiques qu'érotiques subies par le ci-devant bleu...

Décidons, au nom de la tradition poilique, de consacrer à la joie & au travail la jeunesse estudiantine de l'éphèbe.

Attendu que le ci-devant bleu a subi à son honneur les épreuves sus-mentionnées,

Nous, Comité du Cercle des Sciences, l'exhaussons au grade de poil avec (satisfaction).

Fait en toute lucidité d'esprit en dehors des vapeurs délectables mais troublantes des boissons corrosives & de la gent féminine,


Au nom du Cercle,
de la Bière,
du Parrain,
des Femmes !
(suivent les signatures du Comité)"



Diplôme du 8 novembre 1966 transmis par le Poil Bram D.sm.t.










 

mardi 29 mars 2016

Une toile de 1906

L'art estudiantin s'exprime notamment dans les dessins, les médailles de Saint-Verhaegen, les affiches, les cartes postales et la peinture.

Ici, une toile signée en 1906 par Max Scheel. Ce portrait (141x87cm) présente un Bursch de Berlin en couleurs, avec sa casquette, son ruban et son bierzipfel (qui dépasse du veston).





lundi 21 mars 2016

Une médaille orificielle de Saint-Vé

Cette médaille coquillarde, frappée à l'occasion de la Saint-Verhaegen 2000, est sans doute l'une des plus belles de celles tirées par les Ordres.

On y retrouve bien entendu divers symboles des Truands. Mais on retiendra surtout sa luminosité, qui provient de la qualité des émaux bordeaux, bleus et noirs profonds employés par le médailler Chaubet. Cette maison (aujourd'hui fermée) travaillait chaque pièce à la main. Les pigments étaient versés sur le métal puis le tout était envoyé au four. Et ainsi de suite, couleur après couleur. Un travail artisanal qui rendait chaque pièce unique. Une qualité aujourd'hui hors de prix.

On la retrouve en Une du premier numéro du Pantagruel, journal "orificiel" de Saint-Vé, publié la même année.


Médaille dessinée par S.b.st..n Sch.tg.n
 


mardi 9 février 2016

Un char de l'ULB en Ulster, le 21 juillet 1945

Un char estudiantin fut construit à l'étranger, en Ulster en l'occurrence, à l'occasion de la fête nationale de 1945. Ce cas unique dans l'histoire de l'ULB est révélé par la lettre étonnante que Max Litvine (avocat, futur chargé de cours à l'ULB) adresse en avril 1948 à Jean Mardulyn (président de l'Association générale des étudiants en 1941, nommé assistant à son retour du camp de Buchenwald où il fut déporté en raison de son appartenance à la Résistance).

Des plans du char, côté babord et côté tribord, ainsi qu'une photo de petit format accompagnent la missive. Côté pile, on y voyait un hommage aux étudiants morts dans la Résistance. Côté face, on observait une scène estudiantine.

Ces documents (conservés aux Archives de l'ULB) sont touchants à plus d'un titre. En plus de souligner le soin apporté à la confection d'un char, ils disent l'attachement des Poils à leur Université, à ses traditions et à ses valeurs, même à des kilomètres de distance, même sous l'uniforme.

"Mon cher Mardulyn,

En classant mes vieux papiers, j'ai retrouvé trois documents que je t'adresse. Ils concernent un point d'histoire de notre Alma Mater.

Voici de quoi il s'agit: les troupes belges cantonnées dans le Nord de l'Irlande en 44-45 organisèrent le 21 juillet 1945 à Banbridge (Ulster), dans toutes les règles de l'art, un "ommegang" resté célèbre. J'obtins du commandant de l'unité l'autorisation de construire un char ULB. Ce qui fut fait.

Et ce sont les maquettes de celui-ci et une photo, un peu terne peut-être, que je t'envoie. Je suppose que les archives, sur lesquelles tu veilles sans doute avec un soin jaloux, s'en enrichiront.

Bien à toi,
(signature) M. Litvine"




Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

La plaquette de la Saint-Vé de 1937

En 1937, deux célèbres Poils, Maurice Wolf et Francis André (dit Clebs Phétide) publient une plaquette de 8 pages invitant aux festivités de la Saint-Verhaegen. Les jeux typographiques de ce libelle s'inscrivent dans les essais graphiques des dadaïstes et des surréalistes.

On ignore à qui ce bijou couteux était destiné. Mais il ne serait pas saugrenu qu'il s'agisse d'Anciens proches des deux éditeurs, réunis sous les auspices de Jules Gaspar, cabaretier qui reçut des générations de Poils au Diable-au-Corps.

On notera au passage que ces festivités du 20 novembre se terminent alors encore par un punch flambé, rite bibitif dont on perd la trace après guerre.







Ce document provient
du Service Archives, Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt à 1050 Bruxelles.

jeudi 21 janvier 2016

Après la guerre, des pennes noires

Dès 1925, des Poils regrettent que la penne soit portée par des étudiants de l'Institut Saint-Louis et par des élèves de secondaire. L'Association générale tâche de remédier à cette situation en codifiant la penne en 1926. Puis, en 1930, on évoque la possibilité de déposer la penne, en ce compris sa forme et les rubans facultaires.

Après-guerre, la situation ne semble pas s'être améliorée. Le chronique "Choses et autres" du Bruxelles Universitaire du 3 janvier 1945 indique que désormais la penne, déposée, sera noire.

Extrait du Bruxelles Universitaire
du 3 janvier 1945.

On ne sait pas dans quelles facultés ni combien de temps cette penne "nouvelle formule" fut portée. Les exemplaires qu'on a retrouvés proviennent tous du Cercle Solvay. Les plus anciens datent de février 1945 et les plus récents de novembre 1947.
 
Calquée sur le modèle de la penne du Cercle polytechnique, la casquette solvaysienne dispose d'un écusson composé des lettres ULB ainsi que d'un caducée accompagné de marteaux (en lieu et place des compas, marteau et pioche du CP) et d'un ruban noir (comme celui du CP). L'ancien ruban facultaire orange a cédé la place une légère passementerie de même teinte (en lieu et place de la passementerie blanche du CP).

Notons au passage que le Cercle Solvay a manifestement organisé deux baptêmes l'année suivant le conflit. On connaît en effet une penne de février 1945 et une autre de novembre 1945. Un double baptême pourrait s'expliquer par la volonté de stabiliser le nombre de Bleus après le conflit, afin d'assurer la pérennité du Cercle.

La première penne est celle d'André Vanheurck.


La lampe à huile, entourée de six étoiles,
correspondrait à des études secondaires en latin-grec.
On les retrouve également sur des calottes.



Ci-dessous, la penne de Marcel De Gueldre, baptisé en novembre 1945 (et futur compagnon de La Louve).


Penne de Marcel De Gueldre.
Document transmis par son petit-fils, Sébastien Laurent,

président de l'UAE Mons.



dimanche 17 janvier 2016

De la broderie sur penne

De la codification de la penne en 1926 (avec l'apparition des écussons facultaires) au milieu des années 1960, les pennes sont brodées à la main tant par le fabricant que... par l'étudiant...

L'Etudiant, livret publié en 1960 par S. Brabant, indique d'ailleurs que "Sous le triangle encadrant les lettres UL.B. (Université Libre de Bruxelles) ou V.U.B. (Vrij Universiteit te Brussel), il coud un écusson jaune représentant le coq wallon rouge ou le noir lion flamand. Il brode Libre-Examen ou Vrij Onderzoek, la date de son baptême, une ou deux sentences ou maximes qui lui sont particulièrement chères ou sa devise. Dans les espaces restés libres, il va agrafer, au fur et à mesure que passent les années, des insignes souvenirs de fêtes et des médailles, distinctions sportives de toutes tailles, de toutes formes et de toutes couleurs... Les règles et coutumes énoncées ci-dessus sont, en général, unanimement respectées."

Certains ne se contentent pas d'ajouter leur date de baptême et quelques sentences à leur penne : ils y brodent de petits chefs d'œuvre d'art estudiantin (selon les Poils) ou d'Art naïf (selon les philistins).

Ci-dessous, la penne d'un Poil de Médecine baptisé le 8 novembre 1950. L'étudiant y a ajouté au fil Eve et le Serpent ainsi qu'un curé pendu.









A la même époque (vers 1960), une Plume bilingue de Médecine a, elle, mis en avant les devises sur sa penne. On y lit : "VUB", "Libre Ex.", "A bas les Calottins"... Près de l'écusson facultaire, on devine également - en rouge et gris - le cri de guerre de la Brusselse Studentengenootschap : "Geen Taal Geen Vrijheid".

Les lecteurs attentifs auront reconnu le format étonnant des pennes de Plumes sans visière, portées fin des années - début des années 1960.



En Allemagne et en Suisse

Alors que la penne est probablement née vers 1848 de contacts entre étudiants belges et étudiants germaniques, force est de constater que les traditions n'ont pas évolué de la même manière des deux côtés du Rhin.

En Allemagne, les corporations étudiantes interdisent de broder la casquette sociétaire. En Autriche et en Suisse, il en va de même. Cependant certaines sociétés estudiantines helvétiques s'avèrent plus tolérantes à ce sujet.

Si l'on en croit une carte postale des Etudiants suisses romands, envoyée par un Roméo à sa Juliette : "les statuts de la Société exigent que ce béret soit brodé par sa mie". Il s'agit d'un trait d'humour, vraisemblablement. Mais il indique en filigrane que certains étudiants brodent bel et bien leur couvre-chef.

Carte envoyée le 20 novembre 1905, de Zurich à Paris.

La section vaudoise de la Société Stella permet, elle, clairement, les décorations au fil. En témoigne, une casquette de 1932. A l'étoile réglementaire cousue sur le couvre-chef, l'étudiant a jouté Minnie, la compagne d'une célèbre souris américaine.





La Société de Belles-Lettres (Lausanne et Neuchâtel) se montre également assez ouverte aux broderies.

Sur la carte postale bellettrienne ci-dessous, non datée mais publiée dans les années 1920, on distingue une toile d'araignée brodée sur le béret d'un des étudiants. Tandis que sur une photo prise en 2006 à l'Ile de Rolle, les bérets de deux Anciens présentent un papillon et un poisson.

Carte postale non envoyée, non datée. Société de Belles-Lettres
Bicentenaire de la Société de Belles-Lettres sur l'Ile de Rolle, en 2006.

De ce rapide tour d'horizon, il ressort que c'est plutôt du côté des sociétés étudiantes belges et suisses francophones que l'on accepte que des membres brodent leur couvre-chef.